Un nouveau départ ...

Un nouveau départ ...
Tu ne sais pas qui je suis et j'ignore qui tu es.
Sans visage, les mots font moins peur.
Pardon si je te parais étrange. Pardon si tu n'aime pas ce que je suis.

Certaines personnes pensent me connaître. Et pourtant elles ignorent presque la moitié de ma vie. Il est plus facile de se livrer à un écran. Et c'est ce que je vais faire. Si tu me connais déjà, pardonne-moi de briser l'image que tu avais de moi. Si tu me connais sans vraiment savoir qui je suis, laisse-moi te montrer mon passé. Si tu ne me connais pas du tout, libre à toi de partir si tu le souhaite. Après tout, tu as sûrement mieux à faire.

Trop de choses non dite, trop de mots qui refusent de sortir. Mais aujourd'hui tout va changer. A mon rythme, je te montrerai les mots responsables de mes maux. Je ne veux pas de ta pitié. Je veux juste que tu comprenne.
Je ne suis rien ni personne. Juste une petite fille un peu perdue dans ce monde de grands.

A toi de lire entre les lignes et de déméler le vrai du faux.
Prend garde à toi, tout n'est pas bon à savoir.


Zerbrochenen-Kinder

# Enviado el sábado 19 de enero de 2008 07:56

Modificado el domingo 20 de enero de 2008 16:39

Tous les enfants posent un jour cette question

Tous les enfants posent un jour cette question
Un jour, une petite fille comme les autres demande à son père :

- Dis papa , à quoi sa sert de faire ses devoir ?
- Ca sert à avoir des bonnes notes à l'école .
- Ca sert à quoi d'avoir des bonnes notes a l'école ?
- C'est pour faire des études.
- Et a quoi ça sert de faire des études ?
- A avoir un travail.
- A quoi ça sert d'avoir un travail ?
- Ca sert à gagner de l'argent .
- A quoi ça sert de gagner de l'argent ?
- Ca sert a manger .
- Et a quoi ça sert de manger ?
- Ca sert a vivre !
- Mais ...
- Maintenant laisse-moi tranquille, j'ai des choses à faire ! Tu m'agace avec tes questions !!

La petite fille retourna dans sa chambre et s'assoit sur son lit, sa peluche entre les bras. Une fois cachée sous ses couvertures, certaine que son père ne l'entendrait pas, elle chuchota :

- Mais papa ... finalement ça sert à quoi de vivre ?






Les articles se suivront sans logique. A vous de donnez un âge à cette petite fille,
chaque fois qu'elle vous racontera l'un de ses souvenirs.

# Enviado el sábado 19 de enero de 2008 09:05

Modificado el sábado 26 de enero de 2008 11:26

C'est aussi simple que ça

C'est aussi simple que ça
Petite fille ne sait pas quelle heure il est. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il fait encore noir dehors et qu'elle ne dort plus. Elle est obligée d'attendre que l'un de ses deux parents soit levé pour en faire de même. Elle n'aime pas attendre comme ça dans le noir, étendu sur son lit. Sans qu'elle ne le veuille, les pensées et les images viennent toujours l'envahir, lui rappelant des choses qu'elle préfèrerait oublier. Ce jour là, une seule question tourne en boucle dans sa tête : "pourquoi agit-il comme ça ?" Elle fait tout pour le satisfaire : elle obéît à ses ordres, ne lui pose pas de question, reste silencieuse, se fait oublier, ... Et pourtant, un gouffre semble toujours les séparer. Cela semble s'empirer de jour en jour. Malgré tout elle s'accroche et espère. Pourquoi ? Si seulement elle le savait.
Des bruits se font entendre. Depuis le temps, elle les connaît par-coeur. La porte du placard qui grince, papa qui peste encore contre ses clés qui semblent toujours disparaître, la porte d'entrée qui s'ouvre et se referme, le verrou que l'on enclenche, les pas qui s'éloignent dans l'escalier avant de disparaître. Il est parti travailler. Sans un bruit, pour ne pas réveiller maman, la petite fille quitte sa chambre et se glisse jusqu'à la fenêtre du salon. L'appartement est au troisième étage. Elle voit son père sortir du bâtiment, son vélo en main. Elle remarque qu'il n'a toujours pas de lumière. La nuit est toujours bien présente, ainsi que la pluie. Elle le regarde s'éloigner jusqu'à ce qu'il tourne au croisement. Elle ne le voit plus et pourtant elle reste là. Comme tous les samedi matin, son imagination se manifeste. Et si une voiture ne le voyait pas et le renversait ? Et s'il glissait sur la chaussée et se brisait quelque chose ? Et s'il partait pour ne jamais revenir, les abandonnant maman et elle ? Et si ...
Une main posée sur son épaule l'interrompt. Maman est levée elle aussi. Elle s'agenouille afin d'être à la même hauteur que sa fille. Elle pose sur l'enfant un regard triste. Comme si elle comprenait tous les doutes qui envahissaient la petite fille.
- Je sais que c'est dur pour toi. Mais ne t'inquiète pas, il finira bien par t'aimer.
Maman lui adresse un faible sourire, dépose un baiser sur son front et quitte la pièce, laissant la petite fille seule avec cet aveu. La tristesse revient. Mais pas les larmes. Elle peut enfin mettre des mots sur cette relation distante avec son père. Il ne l'aime pas. C'est aussi simple que ça.

# Enviado el sábado 26 de enero de 2008 11:28

Les adultes ne comprennent pas

Les adultes ne comprennent pas

Comment expliquer une telle relation ? Petite fille en est bien incapable. Il y a des choses qui demeureront un mystère. Qu'est-ce qui les lie vraiment ? Leur parcourt est différent, leur vie aussi. Et pourtant elle est là. On ne peut la nommer "souffrance". Le mot est bien trop fort. "Mal de vivre" ? Non plus. Ils ne cherchent pas particulièrement à mourir. Ils ne cherchent pas à vivre non plus. Il n'y a pas de nom pour ce qui les lie. Il n'y a pas non plus de mot pour définir leur relation. Possessive. Fusionnelle. Relation destructrice ? Non, ils sont trop jeunes pour ces choses là.
Il n'y a pas de place pour une autre personne dans leur monde. De toute manière, qui voudrait y entrer ? Ils sont bien trop différents. Si différents que leurs propres géniteurs ne les comprennent pas. Y a-t-il vraiment quelque chose à comprendre ? Apparemment oui. Ils leur interdisent de se voir. Mauvaise influence, paraît-il. Décidément, les adultes ne comprendront jamais rien.


Ce soir, comme presque tous les soirs depuis quatre mois, Petite fille doit faire preuve de prudence. On lui a interdit de le voir, et pourtant chaque nuit elle sort de la maison sans faire de bruit et part le rejoindre pour quelques heures. Heures qui seront bien trop courtes, comme à chaque fois. Mais ce sont les seules qu'ils ont. En journée, ils obéissent aux ordres : ils ne se parlent pas, ne cherchent pas à se croiser. Petite fille cherche a trompé les adultes. Ils ont voulu les séparer afin de briser leur solitude. Ils n'ont pas comprit qu'à deux, on est jamais seuls. Tous deux ont liés d'autres contactes chacun de leur côté. Rien de bien solide, mais les parents semblent satisfait. Est-ce mal de mentir aux parents ? Peut-être. Ou peut-être pas. Après tout, avaient-ils le droit de les séparer ? Peut-être. Ou peut-être pas.
Oui ils n'ont que dix ans. Oui depuis qu'ils se connaissent ils se referment sur eux. Est-ce de leur faute si le monde ne leur correspond pas ? Maman trouve que ce n'est pas normal d'aimer un garçon à ce point quand on a que dix ans. Mais qui a parlé d'amour ? Les adultes ne comprennent pas. Ils voient des choses là où il n'y a rien, mais ne voient pas l'évidence.
Elle avance dans cette sombre rue, avec pour seule lueur la lumière de la lune. Elle ne cesse de jeter des regards autours d'elle, le cherchant dans la pénombre. Une main se glisse dans la sienne et entre-croise leurs doigts. Aussitôt, elle sourit.
- Tu es là.
C'est plus fort qu'elle. Il faut qu'elle le sente contre elle. Elle a besoin de se blottir dans ses bras. Elle veut sentir leurs coeurs battre à l'unisson. C'est comme une drogue. Mais ça, les adultes ne le comprennent pas.

# Enviado el miércoles 20 de febrero de 2008 17:06

Le début de sa fin

Le début de sa fin

Ce soir, il faut absolument qu'elle le voit. Normalement, ils ne se retrouvent jamais dans la nuit du lundi au mardi. Mais aujourd'hui, lorsqu'elle l'a vue au collège, elle a tout de suite comprit que quelque chose n'allait pas. Il serait là ce soir. Elle en était certaine. Elle continuait d'avancer, le cherchant du regard. Elle finit par le trouver, recroquevillé sur lui-même.
- J'ai besoin de toi, petit ange.
Elle s'asseoit à ses côtés. Il se laisse aller contre elle. Aucun ne brise le silence. Elle, parce qu'elle ne sait pas quel est le problème. Lui, parce qu'il ne trouve pas les bons mots.
- Je ... je suis malade, petit ange.
- C'est si grave que ça ?
- Tu sais que j'ai eu besoin d'une transfusion quand j'avais quatre ans.
Les mots sortent difficilement. Pourtant la réalité est bien là. Une chance sur deux d'avoir été contaminé. C'est une chance de trop. Il lui explique tout. Le sang contaminé, la tranfusion, la maladie qui sommeil plusieurs années, ... et qui finit par se réveiller. Un jour comme un autre. Ou un jour pas fait comme un autre. Ca dépend où l'on se place.
Détresse, peur, désespoir, ... Il n'y croit déjà plus. Il sait qu'il est malade.
Non ... on ne dit pas "malade du sida", n'est-ce pas ? On dit "atteind". Alors il est atteind du sida. Et il sait qu'il ne s'en sortira pas.


# Enviado el miércoles 30 de abril de 2008 13:02